Me voici reparti sur la route! Après avec sédentarisé pendant trois mois, je suis de retour sur les routes néo-zélandaises pour finir d’explorer la Terre du Milieu.
Mon premier arrêt fut quelque peut décevant, soir le Mont Cook. Décevant puisque l’abondance nuageuse qui s’obstinait à rester entre moi et la vue du mont a assombrit cette journée. Mais comme j’ai l’impression que cette situation prévaut en grande partie de l’année, il aurait fallut que je sois doté d’une chance incroyable pour espérer en voir ne serait-ce qu’une partie!
Mais mon arrêt à Christchurch fut ensuite tout sauf ennuyant! D’abord puisque j’ai eu la chance de faire un court voyage à Akaroa, village colonial français pendant quelques années. Très joli et accueillant! Pour preuve, moins de cinq minutes après mon arrivée, Anna, Jane, Cory and Cindy, d’un groupe scolaire, m’aborde sur le quai pour me demander mon nom, d’où je viens, ce que je fais là etc. Ils me dévoilent leur connaissance limitée du français, et courent se tasser dans le bateau qui les mènera pour une ballade dans la baie. Il y a pire comme activité scolaire!
Ah oui! En allant à Akaroa, il y avait deux Français qui discutaient dans a langue de Molière, et je les écoutais d’une oreille discrète, jusque j’entende les doux mots «ils sont tellement connards ces Québécois». Comme ils enterraient les explications exhaustives du chauffeur sur le panorama, je me suis retourné vers eux et leur servit un «Le connard aimerait bien entendre le chauffeur, merci» bien senti. Étonnamment, ils n’ont pas dit un mot des 30 minutes restantes du trajet…
J’ai eu la chance d’explorer bien sûr les alentours du centre-ville de Christchurch. Je dis bien les alentours car le centre est fermé à la circulation, les travaux de démolition débutant à peine, pour ensuite tout reconstruire selon les nouvelles normes. Les maisons avoisinantes sont assorties d’un avis quant à l’accessibilité à celles-ci. Lors de ma visite au musée de Canterbury, il y avait une nouvelle exposition très intéressante sur les récents tremblements de terre. Le premier, qui eut lieu le 4 septembre 2010, a atteint une magnitude de 7,1 et causa deux décès ainsi que quelques dommages physiques. Or le pire était à venir. Le tremblement suivant, le 22 février 2011 causa 185 décès et les dommages que nous connaissons a Christchurch, et ce malgré une magnitude moindre, 6,3. L’épicentre toutefois se trouvait presque directement sous la ville.
Dans l’exposition, il y avait bien sûr plusieurs témoignages. Trois m’ont particulièrement intéressé. Le premier était d’une professeure du primaire qui a du ramper en s’accrochant à un collègue pour sortir saine et sauve de l’école. Mais pour elle, le vrai choc est survenu lorsqu’elle aperçut des élèves courant le long de l’école échappant à un mur de poussière, qui était lui-même causé par un pan de mur complet de l’école qui les menaçait. Heureusement, aucun ne fut blessé dans cet évènement.
Le deuxième nous parvenait d’une résidente locale qui se trouvait dans un parc. Lors des premières secousses, elle eut tôt fait de se mettre au sol en se couvrant la tête. Une fois terminé, elle s’aperçut que des touristes étaient restés debout et demandaient : «Mais qu’est-ce que c’était?». La dame eut le réflexe de répondre : «Je dirais 7-7,5 peut-être». C’est à ce moment qu’elle réalisa que les touristes se demandaient tout simplement s’il s’agissait bien d’un tremblement de terre. C’est un réflexe qui démontre bien ce qu’ils vivent au quotidien désormais, comme cette citation le prouve (la région a à ce jour eut environ 9 400 tremblements depuis le 4 septembre 2010):
Finalement, le dernier témoignage racontait comment un policier devait gérer l’évacuation de son équipe du poste de police…mais aussi des détenus qui se trouvaient au sous-sol! Après les avoir menotté en file indienne, il se retrouve dans la rue sans véhicule. Heureusement, il aperçoit un juge qui court dans la rue dans sa tenue de travail. IL l’apostrophe et lui demande que faire. Ils conviennent d’envoyer les deux ayant des charges lourdes contre eux au centre de détention le plus près, alors que les derniers ont signés sur des feuilles chiffonnées des promesses de ne pas recommencer les actes dont ils étaient accusés et ont été relâchés. À la connaissance du policier, ils n’ont pas été interpellés par la police à ce jour pour d’autres gestes!
C’est donc après une visite décevante du musée d’aviation de la Nouvelle-Zélande que je me suis dirigé vers Kaikoura, où j’ai eu la chance au cours d’une longue marche le long de la côte d’admirer une vingtaine de phoques à fourrures qui ne semblait pas le moins du monde vouloir réagir à notre présence! Puis, en route encore vers Picton. Je désirais y faire marche dans les fjords Malborough, mais la température a réfréné mon ardeur (tout comme le pris des bateaux-taxis pour m’y rendre)! Je pris donc le traversier pour retourner sur l’île du Nord à Wellington. Hors, comme le vent et la pluie n’ont rien perdu de leur force, j’ai eu une traversée longue, trop longue et trop agitée à mon goût, tout comme à celui du groupe de jeunes de 10-11 ans qui étaient sur le bateau. Je vous laisse imaginer les va-et-vient sur le pont!
J’ai donc passé une courte journée à Wellington pour reprendre des couleurs et pour voir une amie qui avait travaillé à Alexandra avec moi. La route me réclamait une fois de plus, ce qui me mena à Palmerston North. Le guide ne mentait pas : une bonne ville pour y vivre, mais pas le charme des côtes pour les visiteurs! J’ai tout de même passé un après-midi du musée du Rugby, à en bonne partie me faire expliquer le jeu par un bénévole, et fait une visite des «farm saleyards». Ne sachant pas vraiment ce que c’était, je m’y suis pointé intrigué pour découvrir un terrain où on entasse les agneaux et les vaches pour la vente. Ils ne sont pas tués tout de suite, ils devront d’abord grossir avec leur nouveau propriétaire! La vente est le moment le plus excitant, puisque c’est une enchère. On fixe un prix pour de base pour une bête et on mise ensuite. Impressionnant comment ils peuvent dépenser rapidement, comme m’expliquait un retraité!
À Palmerston North, j’ai fait la connaissance de Dan, un Néo-Zélandais sans domicile, il se promène dans sa camionnette pour voyager et avoir quelques emplois, vivant majoritairement d’une pension d’invalidité. Pourquoi ne pas rester au même endroit? Parce que les loyers sont trop chers pour ce que l’on obtient, et parce que les villes ne sont pas accueillantes qu’il me répond. IL me raconte qu’il s’est fait voler trois fois son ancienne voiture! Trois! Je suis étonné jusqu’à ce qu’il me dise que la dernière fois le fait s’est produit alors qu’il était dans un laboratoire de met….ah, d'accord! Son problème alors que je partais étais de se trouver une adresse postale!
Bon, je vous ai accaparé déjà trop longtemps! À très bientôt, il ne reste que 17 jours!
Félix