vendredi 6 janvier 2012

L’auberge Espagnole


Vous avez déjà vu ce film? Si ce n’est pas fait, je vous conseille de le faire bientôt. Pourquoi je vous parle de cela? Parce que je vis dans une maison internationale, une auberge espagnole!

Je suis à Marj’s Place, une auberge jeunesse. Marj vient me chercher à l’arrêt d’autobus et nous partons pour l’auberge. À l’arrivée m’attendent deux maisons qui servent de dortoirs, avec deux cuisines et 3 salles de bains. Comme elle se doutait que je venais chercher du travail et malgré que j’ai seulement réservé pour deux nuits, elle assume que je reste pour longtemps ici. Ça me va, puisque c’est mon plan donc tant mieux (surtout qu’elle fait des prix pour la semaine!).

Et c’est très diversifié comme nationalité : Japon, Corée, Malaysie et Taiwan. Et ce n’est que pour l’Asie! Australie, Espagne, Chili, Saskatchewan, République Tchèque, États-Unis. Et nous je sommes qu’une quinzaine! Sur ces quinze, disons que 5-6 maîtrise bien l’anglais. Les autres peuvent s’exprimer, mais c’est plus laborieux, ce qui crée des situations assez drôles.

Ma cochambreuse, une Coréenne sont le nom est trop compliqué pour être épelé. Elle a appris son anglais en Australie et en Nouvelle-Zélande, mais disons qu’elle a  encore du travail sur la prononciation. Donc, lorsqu’elle parle, je comprends un mot sur trois, et il s’agit trop souvent de conjonctions ou déterminants! Mais on finit par se comprendre, et je lui ai appris que le Canada avait une histoire, comme les autres nations, ce qu’elle ne croyait pas possible!

Les trois Chiliens parlent un anglais plus qu’approximatif disons. Mais ils ont une interprète : Uma, l’Espagnole!

Je discute avec la fille de la Saskatchewan de différents sujets, jusqu’à ce LE sujet surgisse : «Pourquoi voulez-vous vous séparer?» Toujours la même chose avec ces Canadiens anglais….!

Mais la situation la plus surréaliste est survenue lorsque j’entends parler d’une offre comme tailleur de vergers. Je dis : «Oui, moi je suis intéressé!». Lukas, un Tchèque qui y travaille déjà, me dit d’aller voir Yalung, un Taïwanais qui a une auto pour qu’il me fasse un transport. À ce moment, une Japonaise s’exclame : «Mais Yalung ne parle pas Anglais» Oups…..Heureusement, Chu, sa copine, peut traduire pour nous!

Nous allons donc voir Yalung, qui parle réellement deux mots en anglais, «vineyard» et «work»! Et l’imbroglio commence à cet instant, puisque Lukas, en lui expliquant la situation, sous-entend que Yalung doit travailler le lendemain, donc qu’il peut me transporter en même temps. Yalung, qui ne travaille pas la journée suivante, panique puisqu’il croit que Lukas a reçu un message de leur patron comme quoi ils doivent travailler. Lukas répond que non, il a parlé au patron et qu’il n’est pas nécessaire de travaillé, mais Yalung ne comprend rien. Chu, la copine, argumente avec Lukas sans traduire pour Yalung, ce qui le mêle encore plus!

Finalement, je dis :
-Okay, Lukas, ce que tu veux dire, c’est qu’il ne travaille pas demain, mais qu’il serait bien gentil de me faire un transport demain matin, n’est-ce pas?

Lukas- C’est cela!

Félix-Chu, peux-tu demander à Yalung s’il peut me faire un transport demain?

Chu s’exécute, Yalung répond :
Yalung –Oui, certainement, si tu paies l’essence.

(Honnêtement, après la dure discussion, je lui aurais payé l’essence, l’huile à moteur, du lave-glace et des dés en minou!)

Yalung –Mais je ne travaille pas demain?

Félix-Non

Résultat? J’appelle ce matin les responsables du vignoble :

Félix –J’ai entendu dire que vous cherchez des travailleurs à partir de mercredi.

Patron-Oui, as-tu une auto? Non? On va venir te chercher. Tu vas travailler trois jours!

 Et c’est ainsi que j’ai un premier emploi. Et il paraît qu’une fois que tu as un emploi, tout déboule ensuite, puisque tut le monde partage les opportunités de travail. Après ce que j’ai entendu sur la cueillette de cerises, ça me va de commencer par autre chose. Les gens reviennent un peu découragés. La majorité travaillent au même verger et hier, la moitié s’est fait renvoyée parce qu’ils n’ont pas cueilli le minimum de 10 paniers, malgré le peu de cerises présentement. Semble que ce soit le patron qui est acariâtre!

Finalement, j'ai trouvé un emploi comme cueilleur de cerises dans un autre verger. Je vous en reparle bientôt!


En attendant, bonne année à vous

1 commentaire:

  1. Bravo Félix pour ton emploi de picker de cerises. Nous sommes bien fiers de toi. Nous, on aime bien les cerises... Je ne sais pas si tu les aimeras autant après ton séjour en Nouvelle-Zélande...

    Reviens-nous en forme et bonne année à toi également.

    Johanne

    Salut Félix,
    Quelle est la différence entre les cerises de France et celles de la NZ?
    Elles sont en spécial à 1,99$ la livre chez IGA cette semaine. Peux-tu m'offrir un meilleur prix???

    Bonne cueillette!!!
    André

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